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Explications générales
L’année celtique est partagée en deux moitiés opposés et complémentaires, alternativement sombre et clair, de part et d’autre d’un axe giamorotlio « semestre hivernal » / samorotlio « semestre estival » : la première comporte deux mois de giamos, « d’hiver », proprement dit, puis deux mois de cuxsinio, « frimas », et deux mois de uesara, « printemps » ; la seconde lie samos, « été », et uogiamos, « automne ».
Les douze mois sont lunaires et débutent au premier quartier de lune réalisé (centon qetruon). Chaque mois est composé de deux quinzaines inversées : l’une dominée en son milieu par la pleine lune (lãna leucara), l’autre par la nouvelle lune (nouia leucara).
Un système complexe d’échanges entre les jours à l’intérieur de chaque semestre montre que ceux-ci fonctionnent différemment : l’hiver en trois paires de mois (3 x 2), l’été en deux triades (2 x 3).
Pour maintenir la concordance exacte avec la lune, on alterne des mois de 30 jours qualifiés matus « bon, complet, intègre », avec des mois de 29 jours, considérés comme anmatus « non bon, incomplet ».
D’autre part, pour rétablir l’accord avec la course du soleil (sonnocingos) et éviter le glissement des saisons, on rajoute tous les 30 mois, c’est-à-dire tous les cinq semestres, alternativement devant un semestre hivernal puis devant un semestre estival, un mois supplémentaire de 30 jours, dont chaque jour est l’image réduite de l’un des 30 mois précédents.
Ainsi, au-dessus du jour (latis), du mois (mið) et de l’année (blidnis) se constitue une nouvelle unité : le lustre (quimon) comportant en son début un mois intercalaire (dacamonos buis) suivi d’une série de 30 mois, puis, en son milieu, un nouveau mois intercalaire (ciallos buis) suivi d’une deuxième série de 30 mois ; la première série de cinq semestres est composée de deux années complètes suivies d’un hiver, et la seconde, inversée, d’un été suivi de deux années.
Un lustre comporte ainsi 62 lunaisons équivalant à cinq années solaires complètes. Le lustre permet de situer la place des deux mois supplémentaires nécessaires pour mettre en harmonie les courses des deux astres mesureurs du temps, le soleil et la lune.
Pour parfaire les réglages, la neuvième lune, mið equos, ne comporte, la deuxième et la quatrième année du lustre, que 28 jours au lieu de 30. Enfin, le siècle (setlon) de 30 ans équivaut à un groupement de six lustres. La rupture du siècle se marque par l’omission du mois intercalaire qui aurait dû récapituler les 30 derniers mois du sixième lustre.
Ainsi, cinq lustres de 62 mois et un de 61 donnent bien les 371 lunaisons de 30 années solaires.
Ce sont finalement des opérations mentales simples, régulières et faciles à mémoriser :
- regroupement des années par séries de cinq,
- récapitulation tous les cinq semestres des trente mois écoulés (5 x 6) par les trente jours d’un mois intercalaire,
- sauf tous les trente ans où, après cinq lustres complets et un sixième défectif, l’on passe directement à la lune du mið samon- qui marque le début d’un nouveau siècle.
Cinq semestres, cinq ans, cinq lustres … trente jours, trente mois, trente ans …
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